Où que j’aille

Où que j'ailleOù que j’aille

Tilly Key

Single – 2000 – M6 Interactions – Sony Music

Durant les 10 premières secondes de Où que j’aille, les bribes de flûte et quelques nappes synthétiques nous font espérer beaucoup.

Elles rappellent un peu la musique apaisante de Yanni. On espère que ça ira crescendo mais, après quelques temps, il faut bien se rendre à l’évidence: la partie musicale se réduit à quatre accords au piano, plaqués avec une monotonie étonnante. Du début à la fin, il n’y a pas un seul changement de rythme. On a l’impression d’écouter la trotteuse d’une horloge. Pas plus de créativité dans les percussions. Le morceau se termine par un simple fading, qui évite au compositeur de trouver un accord final et à l’auditeur d’être perturbé de la régularité horlogique à laquelle il s’était habitué. La partie musicale est donc peu intéressante.

Seule la voix de Tilly Key pourrait sortir ce morceau de sa platitude et lui donner corps. Elle y parvient en partie, notamment par quelques vocalises dionnesques comme on en entend si souvent. Cette voix, fébrile, douce et innocente, rappelle inévitablement les comédies musicales ultra-médiatisées du moment. Elle est belle (mais tant de voix sont belles aujourd’hui) et ne s’entend peut-être pas assez par rapport au reste.

De toute façon, ce qu’elle raconte n’a rien de très intéressant. Ca fait longtemps qu’on ne change plus la recette: « Prenez une dizaine de mots ou expressions à la connotation romantique évidente (amour, songe, étincelle, pétale, coeur, souvenir, ciel, où que j’aille). Insérez-les dans des phrases, que vous ferez rimer à l’occasion. Le mot ou l’expression la plus acoustique fera office de titre. Le talent du parolier se marquera par l’utilisation d’un mot comme « opprobre », qui ne vient même pas appuyer une rime. N’oubliez pas la référence mystique, Dieu en l’occurrence, qui, comme on le sait, est la préoccupation première des 15-25 ans. »

Les choeurs, comme d’habitude répètent ce que la première voix a dit deux mesures auparavant. Carole Frédéricks en fait partie. Ce n’est pas une marque, mais ce n’est pas une garantie de qualité non plus.

Dans le genre, ça reste pas mal, … dans le genre !

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